Le Syndrome de l'île de Gilligan*

Il était une fois un capitaine, sûr de lui, à la tête d'un navire nommé SS Minnow, prêt à naviguer vers de nouveaux horizons. Son équipage – des personnes compétentes, mais parfois mal écoutées – était embarqué dans une aventure qu’ils ne comprenaient pas tout à fait.

Le capitaine, confiant dans son expérience et sa vision, ignora les signaux d’alerte météo émis par ses coéquipiers. Les nuages s’amoncelaient ? "Pas de souci, on avance !", disait-il. Les vents soufflaient de travers ? "Un détail !" Il se disait qu’ils improviseraient en cas de problème.

L’Aventure Tourne au Naufrage

Le bateau, pris dans une tempête, finit par s’échouer sur une île déserte. Désormais, l’équipage et leur capitaine devaient survivre dans ce nouveau chaos :

  1. Gilligan, l'imprévu constant :
    Gilligan était le symbole de l'impréparation. Il représentait toutes ces résistances internes et imprévus qu'on ne prend pas au sérieux avant qu'ils ne deviennent des obstacles majeurs. Parfois maladroit, parfois volontairement distrait, il sabotait involontairement les efforts collectifs pour quitter l'île.

  2. Le Professeur, l’expert non consulté :
    Malgré ses connaissances et ses compétences, le Professeur n’était jamais écouté à temps. Il bricolait des solutions (comme un poste radio avec des noix de coco) qui auraient pu fonctionner... si le capitaine avait prêté attention plus tôt.

  3. Mary Ann et Ginger, les employés motivés mais frustrés :
    Pleines de bonne volonté, elles tentaient de contribuer, mais leur potentiel était gaspillé faute de direction claire ou d'outils adaptés.

  4. Les Howell, les décideurs déconnectés :
    Riches et influents, ils semblaient plus préoccupés par leur confort personnel que par la survie collective. Ils incarnaient ces décideurs qui agissent en silo, souvent insensibles aux besoins réels du terrain.

Leçons de Gestion du Changement

L’histoire se termine (comme dans la série) avec une tentative de sauvetage échouée. L’équipe reste coincée sur l’île, cherchant désespérément une solution. Pourquoi ? Parce que :

  • Le capitaine a ignoré les signaux d'alerte dès le départ.

  • Les décisions étaient prises de manière unilatérale, sans consultation ni planification.

  • Les ressources internes (les compétences du Professeur et la motivation de l’équipage) étaient sous-utilisées.

La Clé pour Éviter le Syndrome de l’île de Gilligan

Pour éviter de se retrouver échoué sur votre propre "île de Gilligan", voici quelques conseils :

  • Soyez à l’écoute des signaux d'alerte. Les employés sur le terrain sont souvent les premiers à détecter les tempêtes à venir.

  • Impliquez votre équipage dans la planification. Même le meilleur capitaine ne peut réussir seul.

  • Reconnaissez les "Gilligans". Identifiez les sources potentielles de résistance ou de sabotage involontaire et accompagnez-les.

  • Optimisez vos ressources. Donnez aux "Professeurs" les moyens et la reconnaissance nécessaires pour innover.

Conclusion

Le syndrome de l'île de Gilligan est une métaphore amusante mais puissante : il montre comment une gestion du changement mal préparée peut transformer une aventure prometteuse en une survie interminable. Alors, avant de lever l’ancre, consultez votre équipage, surveillez la météo, et préparez-vous à naviguer ensemble, en équipe.

*A propos de l’ile de Gilligan

L'île de Gilligan ou les joyeux naufragés  (Gilligan's Island) est une série télévisée humoristique américaine diffusée entre 1964 et 1967. Elle raconte l’histoire d’un groupe de sept naufragés qui se retrouvent bloqués sur une île déserte après le naufrage de leur bateau, le SS Minnow, lors d’une excursion censée durer trois heures seulement.

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